Trois personnes ont été tuées dimanche dans des frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, une attaque dont l’Iran a averti qu’elle ne resterait pas “impunie” et compromettait les négociations de paix avec Washington. Donald Trump avait affirmé samedi qu’un accord avec Téhéran devait être signé dimanche. Mais ces frappes israéliennes sur la capitale libanaise, les deuxièmes en une semaine et qu’Israël dit avoir mené en riposte à des tirs du Hezbollah sur le nord de son territoire, fragilisent la situation. L’Iran – qui a prévenu que viser la capitale libanaise constituait une ligne rouge – avait tiré il y a une semaine des missiles contre Israël qui venait de viser la banlieue sud de Beyrouth.
Israël avait riposté, mais les deux parties avaient mis fin lundi dernier aux hostilités à l’appel de Donald Trump. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé dimanche des frappes “dans le quartier de la Dahiyé, à Beyrouth (…) en réponse aux tirs du Hezbollah en direction du territoire israélien”, dans un bref communiqué, ajoutant que “Israël ne tolèrerait aucune attaque sur son territoire”. Le Hezbollah a revendiqué dimanche plusieurs attaques contre des soldats israéliens dans le sud du Liban, mais sans faire état à ce stade d’attaques contre le nord d’Israël.
L’armée israélienne a indiqué avoir méné une frappe de précision sur un centre de commandement du mouvement chiite pro-iranien. Selon l’agence nationale d’information libanaise (Ani, officielle), les bombardements ont touché le secteur de Ghobeiry. Un correspondant de l’AFP y a vu de la fumée et de la poussière s’élever près d’un appartement endommagé.
Des débris recouvraient la rue, commerçante, où des habitants fouillaient les décombres dans un climat de panique. Trois corps ont été dégagés des décombres, tandis que “six blessés” ont été hospitalisés, selon la défense civile libanaise.”Il ne fait aucun doute que ces crimes ne resteront pas impunis”, a réagi à Téhéran le général Mohammad-Jafar Assadi, vice-responsable du commandement interarmées iranien, cité par l’agence Defa Press, spécialisée dans les questions militaires, et repris par les médias iraniens. Israël a dans la foulée affirmé se préparer à une attaque “potentielle” vers son territoire.
Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a lui accusé les Etats-Unis de ne pas respecter leurs engagements, compromettant, selon lui, les pourparlers avec Washington. L’Iran conditionne tout accord avec les Etats-Unis à un cessez-le-feu complet y compris au Liban. M. Netanyahu avait averti début juin que son pays frapperait Beyrouth si le Hezbollah visait les localités du nord d’Israël, invoquant le soutien de Washington en ce sens. – frappes sur Nabatiyé -Plus tôt dimanche, deux ministres israéliens d’extrême droite avaient appelé à des frappes de représailles sur la banlieue sud de Beyrouth.
Par ailleurs dimanche, l’agence de presse officielle libanaise Ani a rapporté des frappes israéliennes sur plus d’une vingtaine de localités dont la ville de Nabatiyé dans le sud du pays, avant et après des appels israéliens à évacuer environ une trentaine de localités. Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l’Iran.
Depuis, Israël pilonne son voisin, disant vouloir “éliminer” le mouvement chiite, qui cible lui ses positions et son territoire. Les frappes israéliennes ont fait plus de 3.700 morts depuis début mars, selon Beyrouth. Et ce malgré un nouvel accord de trêve conditionnelle annoncé début juin à l’issue de pourparlers entre le Liban et Israël à Washington, rejeté par le Hezbollah.
Sun, 14 Jun 2026 15:13:31 GMT
