L’Iran dit qu’une reprise de la guerre ne profitera “à personne” après des frappes américaines

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a averti mardi qu’une reprise des hostilités au Moyen-Orient ne profiterait “à personne”, au lendemain de frappes américaines limitées sur l’Iran, malgré la tenue de pourparlers.   Donald Trump a confirmé auprès de Fox que l’armée américaine avait frappé lundi soir une infrastructure anti-aérienne en Iran, après des révélations du Wall Street Journal et d’autres médias.

Selon ces médias, les frappes ont touché l’île iranienne de Qeshm, dans le stratégique détroit d’Ormuz. “Personne ne tirera avantage de cette guerre”, a affirmé M. Pezeshkian lors d’une réunion du cabinet, ajoutant que son gouvernement s’efforçait de trouver une issue au conflit “par le dialogue”. Il a mis en avant que le guide suprême lui avait accordé des “pouvoirs” pour aborder dans ces pourparlers “des questions considérées auparavant comme tabou”, sans plus de précisions.

Des responsables américains anonymes cités par le WSJ et d’autres médias ont précisé que les frappes sur Qeshm s’inscrivaient dans une série de frappes “limitées” et “défensives” menées ces dernières semaines mais sans être annoncées, pour éviter de donner l’impression d’une reprise d’opérations de grande envergure. Les Iraniens “ont construit une infrastructure anti-aérienne.

Cela leur a pris environ deux mois. Nous l’avons regardé se construire. Dès que c’était terminé, nous l’avons frappée hier soir, très gentiment”, a pour sa part déclaré Donald Trump. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré que Téhéran se réservait le droit de se défendre. L’agence de presse officielle iranienne Irna avait plus tôt fait état de cinq explosions entendues sur l’île, et rapporté que des habitants avaient vu deux avions dans le ciel.

L’armée israélienne a elle dit à l’AFP ne pas être impliquée dans ces opérations. – “Chance de parvenir à un accord” –  La première phase de la guerre, la plus intense, a fait des milliers de morts civils en près de 40 jours de bombardements initiés le 28 février par des frappes israélo-américaines, avant un cessez-le-feu en avril suivi d’un protocole d’accord en juin. Cette fragile entente avait volé en éclats cet été, avec la reprise des échanges de frappes, l’Iran ciblant de nouveau les alliés de Washington dans la région. Une accalmie est observée depuis début septembre. Ces derniers jours, des médias évoquaient une possible campagne militaire courte et intense dans la foulée des élections de mi-mandat après une série de déclarations belliqueuses américaines et israéliennes.

Mais le ton s’est fait plus diplomatique au long du week-end, des deux côtés. Le Qatar, médiateur dans le conflit, a assuré mardi que “les deux parties restaient engagées dans le processus de négociation””Nous gardons l’espoir qu’il y ait encore une chance de parvenir à un accord”, a affirmé le porte-parole des Affaires étrangères qataries, Majed Al Ansari, précisant que Doha travaillait “à la conclusion d’un accord intérimaire”.

Toute escalade risque de compliquer les négociations, a-t-il toutefois mis en garde.”La balle est désormais dans le camp des États-Unis pour éviter la guerre”, a déclaré pour sa part mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, lors d’un discours devant le parlement, qu’il préside. Lundi, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, a évoqué des discussions diplomatiques “très intenses”. Alors que son camp risque de subir lors des élections de mi-mandat le mécontentement des Américains face à la hausse du coût de la vie et la guerre, Donald Trump avait lui assuré lundi soir sur sa plateforme Truth Social qu’un accord avec l’Iran “pourrait arriver”. “Les prix du pétrole tombent comme des pierres (…) parce que les gens sentent qu’il n’y aura pas de guerre avec l’Iran”, a-t-il mis en avant.

Les cours du pétrole ont toutefois rebondi mardi, après avoir chuté la veille de plus de 7%. En fin de matinée, le baril de Brent s’établissait à 105,75 dollars, bien au-delà des 70 dollars d’avant le début de la guerre. – Réouverture d’Ormuz? –  Lundi, Téhéran a proposé de rouvrir le détroit d’Ormuz, en deux jours au lieu de sept dans un plan précédent, proposé en septembre mais refusé par Donald Trump. Depuis le début de la guerre, l’Iran verrouille ce détroit stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures et frappe régulièrement des navires qui tentent de le franchir sans son autorisation. En représailles, les États-Unis imposent un blocus aux ports iraniens. L’Iran conditionne la réouverture du détroit à un cessez-le-feu sur l’ensemble des fronts dans la région, au dégel de ses avoirs détenus à l’étranger, à la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi qu’à la fin du blocus naval américain.

Téhéran réclame aussi l’acceptation par Washington d’un “nouvel itinéraire convenu entre l’Iran et Oman” pour le transit par le détroit. Dans ce contexte, l’Iran a dévoilé mardi à Téhéran un immense panneau menaçant le président américain Donald Trump de mort. On y voit le président américain derrière les barreaux, la tête baissée.

Tue, 03 Nov 2026 13:50:11 GMT