L’Iran épargné par les bombardements américains pour la deuxième nuit consécutive

Aucun bombardement américain n’a été signalé en Iran dimanche à l’aube, marquant la deuxième nuit consécutive de pause dans les hostilités au moment où des médias américains font état d’un possible manque de munitions après bientôt cinq mois de guerre. Alors même que le président Donald Trump a dit vendredi ne pas exclure des bombardements encore plus importants, l’accalmie est notable après deux semaines de frappes sans précédent depuis le cessez-le-feu d’avril. De son côté, l’Iran n’a revendiqué aucune attaque contre ses voisins du Golfe alliés de Washington, et ces derniers n’ont fait état d’aucune alerte nocturne. “Comme notre stratégie est essentiellement basée sur la riposte, nous avons également interrompu nos opérations”, a commenté le porte-parole de l’armée iranienne Mohammad Akraminia.

Tout en menaçant l’Iran, Donald Trump assure que le dialogue avec Téhéran n’est pas rompu.”En fait, on leur parle en ce moment”, a-t-il dit au sujet des dirigeants iraniens. “Je pense qu’ils deviennent de plus en plus sérieux au fil des jours, peut-être pour une raison évidente”, a-t-il ajouté, en allusion aux bombardements américains. Selon le New York Times, qui cite deux sources proches du dossier, le gouvernement américain s’inquiète de l’affaiblissement du stock de systèmes d’interception de missiles Patriot et d’autres équipements défensifs protégeant les pays du Golfe, ciblés par l’Iran en représailles aux attaques américaines.

Le journal fait également état de craintes d’escalade du conflit.- “En pause” -La chaîne CNN, citant une source du ministère de la Défense, a également affirmé que les opérations militaires contre l’Iran étaient “en pause”, évoquant les mêmes raisons. Les Etats-Unis sont dans une situation “difficile et instable” et cherchent probablement “une nouvelle stratégie”, a estimé Mohammad Akraminia.

A deux jours d’une visite à Washington de Benjamin Netanyahu, partisan d’une ligne dure, il a mis en garde les Américains: s’ils “se laissent à nouveau tromper” par Israël et “insistent pour continuer la guerre, particulièrement par des frappes aériennes, elle s’étendra géographiquement”. Dans la capitale Téhéran, épargnée par les bombardements, la vie suit son cours normal, entre embouteillages habituels et vague de chaleur, selon l’équipe de l’AFP sur place.

La guerre au Moyen-Orient a débuté le 28 février avec une campagne de bombardements israélo-américains contre l’Iran, et fait des milliers de morts dans la région. Elle a aussi ébranlé l’économie mondiale en bloquant le trafic dans le détroit d’Ormuz, entre l’Iran et la péninsule arabique, par lequel transitait avant-guerre un cinquième du commerce mondial des hydrocarbures.

La République islamique, qui verrouille cette stratégique voie maritime et veut faire payer le passage, a annoncé avoir tenu vendredi et samedi de nouvelles discussions avec Oman, dont les côtes bordent également le détroit, sur sa future gestion.- Front yéménite -Un protocole d’accord signé le 17 juin par Washington et Téhéran, prévoyant l’ouverture d’un cycle de négociations de paix de 60 jours, a volé en éclats moins d’un mois après son entrée en vigueur. Le détroit d’Ormuz, rouvert à la faveur de la signature, est de nouveau contrôlé par l’Iran.

Six navires ayant tenté de le traverser sans son autorisation ont été stoppés dans les dernières 24 heures, selon la télévision d’Etat. Et les Etats-Unis ont réimposé en représailles un blocus des ports iraniens. Si une accalmie semble s’être installée depuis deux jours dans le Golfe, un nouveau front dans la guerre s’est ouvert avec la reprise le 13 juillet des hostilités entre l’Arabie saoudite et les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par Téhéran.

C’est le contrôle du ciel du pays qui a réveillé la discorde: l’Iran avait envoyé à Sanaa un avion transportant une délégation rebelle sans solliciter d’autorisation auprès de Ryad, contrairement à l’usage depuis dix ans, déclenchant des frappes attribuées au royaume sur l’aéroport de Sanaa. En retour, les Houthis ont attaqué le territoire saoudien pour la première fois depuis 2022.

Ils ont notamment visé samedi des sites pétroliers. Dans le même temps, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a appelé les belligérants au “dialogue”, estimant qu’il n’existait “pas de solution militaire” dans ce conflit.

Sun, 26 Jul 2026 09:53:18 GMT