L’Iran et les Etats-Unis s’affrontent dans le Golfe, un mort et 63 blessés au Koweït

Le Koweït a accusé mercredi Téhéran d’avoir mené une frappe sur son aéroport, première attaque meurtrière depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu de plus en plus fragilisé par des affrontements entre l’Iran et les Etats-Unis dans le Golfe. La frappe de drones a fait un mort –un ressortissant indien– et 63 blessés, dont des employés de l’aéroport et des voyageurs, selon les autorités.

Le trafic a dû être suspendu quelques heures. Abritant des bases américaines, le Koweït avait été régulièrement ciblé par Téhéran en représailles à l’offensive israélo-américaine contre l’Iran déclenchée le 28 février. Après le cessez-le-feu du 8 avril entre les Etats-Unis et l’Iran, les hostilités avaient quasiment cessé. Mais elles ont repris ces derniers jours, en particulier autour du détroit d’Ormuz, stratégique voie maritime pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran.

Le Koweït dit avoir été visé au total mercredi par 13 missiles balistiques et 17 drones iraniens. “Les explosions se succédaient et étaient très proches des zones résidentielles. Pour la première fois, les enfants ont ressenti la gravité de la situation”, a raconté à l’AFP Hassan Sheikh, un Pakistanais de 40 ans habitant non loin de l’aéroport. Ces nouvelles attaques ont fait remonter les cours du pétrole à près de 100 dollars, après une détente la semaine dernière dans l’espoir d’un accord entre Téhéran et Washington pour mettre durablement fin au conflit. Selon le commandement américain pour la région (Centcom), l’Iran a aussi tiré dans la nuit des missiles vers Bahreïn, provoquant en réponse des frappes américaines sur l’île iranienne de Qeshm, qui ont touché une tour de communication selon Téhéran.- Eviter “l’escalade” -Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran, ont eux affirmé avoir ciblé une base aérienne au Koweït, sans mentionner l’aéroport, et le siège de la Cinquième flotte navale américaine à Bahreïn en riposte à l’attaque sur Qeshm, et à celle d’un pétrolier iranien.

Ils ont aussi dit avoir ciblé un navire lié à Israël et aux Etats-Unis. L’Iran ripostera de façon “décisive” à toute “agression”, a averti le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui dirige l’équipe chargée des négociations avec Washington. La diplomatie iranienne a accusé le Koweït et Bahreïn de laisser Washington utiliser leur territoire pour agir contre l’Iran. Le Koweït a démenti, annonçant par ailleurs l’expulsion de deux membres de l’ambassade iranienne. L’Iran joue “avec le feu”, a réagi sur la chaîne américaine CNBC le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que Israël et les forces américaines étaient “prêts” à reprendre si nécessaire les hostilités. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à “éviter toute nouvelle escalade qui risque de saper les efforts diplomatiques en cours”. Sur ce plan, le flou demeure après que le président américain a, selon des informations de presse, durci ses demandes, refusant de renvoyer à plus tard, comme le veut Téhéran, les discussions sur le nucléaire. Des médias iraniens ont indiqué lundi que Téhéran avait suspendu les pourparlers indirects avec les Etats-Unis au vu de l’offensive israélienne au Liban, où Téhéran réclame la fin des hostilités pour tout accord avec Washington. Donald Trump a lui assuré que les discussions se poursuivaient “sans interruption”.

Il a dit au New York Post qu’il “aimerait rencontrer” le guide suprême Mojtaba Khamenei, le jugeant réellement “impliqué” dans les décisions de Téhéran même s’il n’est pas apparu en public depuis sa nomination en mars. – Le nord d’Israël visé -Une déclaration écrite de Mojtaba Khamenei est attendue jeudi, jour anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique, Rouhollah Khomenei, qui donne lieu à une grande cérémonie autour de son mausolée. Cette commémoration coïncide cette année avec l’une des principales fêtes chiites célébrées en masse dans les rues. Les Gardiens avaient par ailleurs menacé lundi d’ouvrir “de nouveaux fronts” en représailles à l’avancée au Liban de l’armée israélienne qui veut y “éliminer” le Hezbollah soutenu par l’Iran. Alors que des délégations israéliennes et libanaises se retrouvent de nouveau à Washington mercredi, des frappes israéliennes au Liban ont fait au moins neuf morts, dont un soldat et deux secouristes.

Israël a de son côté annoncé avoir intercepté un “aéronef ennemi” et deux tirs venus du Liban, le Hezbollah revendiquant une attaque sur le sol israélien. Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, avait averti mardi que la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement chiite, serait frappée si celui-ci visait son territoire. Alors que le Hezbollah s’oppose aux discussions entre le Liban et Israël, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, assure lui qu’elles restent “l’option la moins coûteuse” pour son pays, entraîné dans la guerre régionale le 2 mars par des tirs du mouvement libanais sur le pays voisin.

Wed, 03 Jun 2026 18:32:26 GMT