Lycées : les cours reprennent mais des blocages subsistent avant des manifestations cet après-midi

La majorité des établissements scolaires ont rouvert jeudi mais des blocages de lycées et d’universités subsistent en cette nouvelle journée de mobilisation avec des manifestations qui ont démarré dans plusieurs grandes villes. A la mi-journée, “environ 96% des établissements sont ouverts” et 157 lycées (sur 3.700) fermés, a précisé le ministère de l’Education.

Dans la capitale, la mobilisation s’est concentrée en matinée autour de l’université d’Assas, les forces de l’ordre tentant de déloger avec du gaz lacrymogène une centaine de personnes faisant blocus et leur jetant des pommes de terre, a constaté l’AFP. Le député LFI, Louis Boyard, vêtu de son échappe tricolore, se trouvait parmi les étudiants installés en sit-in devant l’université.

Non loin de là, fait rare, l’Institut catholique de Paris (ICP) était également bloqué. Depuis Reims où il était en déplacement dans un lycée, le ministre de l’Education, Edouard Geffray a annoncé la présentation d’un “plan d’urgence” sur les remplacements d’ici “quelques heures ou quelques jours”. Avec le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste, il doit recevoir, à 15H00 à son ministère, les trois principales associations lycéennes.”J’ai dû attendre un mois avant d’avoir un prof de gestion”, une des matières les plus importantes de la filière STMG, a expliqué devant un lycée toulousain une adolescente participant au blocage de l’établissement.

Dans plusieurs villes, des manifestations sont en cours mais de bien moindre ampleur que mardi où elles avaient rassemblé entre 266.000 et 450.000 personnes sur toute la France. A Lille, Manon, 45 ans, a accompagné sa fille Lola, âgée de 15 ans : “On combat ensemble, on a les mêmes revendications”, explique la mère de famille. La foule est cependant beaucoup plus clairsemée que mardi, avec quelques centaines de personnes dont des membres de la CGT et de syndicats étudiants.”Ça s’est organisé un peu à la dernière minute et puis les gens sont fatigués.

Ça fait deux semaines que ça occupe toutes nos journées, on se lève tôt, on enchaîne, c’est stressant”, constate Astrid, 19 ans, mobilisée depuis le début des blocages. Même constat en Bretagne, à Brest, où Lucine, 16 ans, élève en première au lycée public de l’Harteloire, constate “beaucoup de fatigue. On essaie de voir comment continuer. C’est un jeu, un peu, entre le gouvernement et nous, à qui lâchera le premier”.

Non loin, Samuel, élève de terminale dans le même lycée, estime que “les moments de discussion internes (annoncés par Lecornu), ça fait beaucoup penser au mouvement des gilets jaunes et on sait comment ça a fini, ou plutôt comment ça n’a pas fini”. A Marseille, où la manifestation a rassemblé 3.900 personnes selon la police, Youn, élève de seconde dans le cortège, estime que le Premier ministre n’a pas prononcé le “discours qu’on attendait” et qu’il a “minimisé” le mouvement. Mercredi soir, Sébastien Lecornu a pris la parole depuis Matignon mais sans annoncer de mesures concrètes pour les lycéens.

Il a renvoyé à “fin octobre” pour “les premières décisions”, tout en déclarant que “nul ne peut être indifférent aux angoisses qu’ils expriment”. – 10 milliards – “On ne veut pas des paroles, on veut des actions. On se mobilisera jusqu’à ce qu’il y ait de réelles avancées”, affirme à Nantes Camille, 17 ans, derrière une banderole de tête sur laquelle on pouvait lire “Ni chair à canon, ni chair à patron”.

Ils étaient moins nombreux qu’il y a deux jours, tout comme à Rennes où la police a décompté 3.400 manifestants (contre 9.500 mardi). Dans la région lyonnaise, la manifestation, partie de la ville de Bron, a rassemblé environ 3.500 personnes. Parmi leurs revendications, les lycéens et étudiants demandent 250.000 places en plus à l’université, une rénovation du bâti et la suppression de la sélection par Parcoursup.

La porte-parole de l’Union étudiante, Sabrine Kharbach, exige 10 milliards d’euros. Son syndicat a appelé à se rassembler devant les préfectures d’Ile-de-France pour protester contre les “violences policières”. Et à 15H00, place de la Bastille, avec les organisations lycéennes. Selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, 18 enquêtes de la “police des polices” ont été ouvertes depuis le début du mouvement.

Au total, 215 élèves et 85 membres du personnel de l’Éducation ont été blessés, ainsi que près de 800 policiers et gendarmes. Le ministre a annoncé mercredi la suspension de l’usage des grenades assourdissantes, après qu’un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens. 

Thu, 08 Oct 2026 12:42:36 GMT