Enfin! Après 53 ans sans titre, des dizaines de milliers de New Yorkais se sont rassemblés jeudi pour faire un triomphe à leur équipe des Knicks, championne de NBA, avec l’une de ces immenses parades qu’affectionne la ville. James Smallwood, retraité de 62 ans, confie à l’AFP qu’il avait neuf ans lorsque les Knicks ont remporté leur dernier titre, en 1973.”Je faisais des trucs de gamin: je faisais du vélo, je jouais à chat perché… C’est à ce moment-là que je suis devenu supporteur.
J’ai survécu à cinq cancers, alors voir ça aujourd’hui représente énormément pour moi”, raconte-t-il. Comme lui, ils sont venus en nombre, certains très tôt dans la matinée, de tous les quartiers de la ville, vêtus aux couleurs bleu et orange de la franchise, pour essayer d’apercevoir leurs champions, parfois juchés sur tous les points hauts possibles: échafaudages, camions poubelles…Sous les applaudissements de ses légions de fans – et une pluie de confettis – l’équipe menée par Jalen Brunson a remonté à bord d’un char le bien nommé “Canyon des héros”, allant de la pointe sud de Manhattan à l’hôtel de ville. A leurs côtés, la gouverneure de l’Etat Kathy Hochul et le maire Zohran Mamdani, qui leur a symboliquement remis les clés de la ville à la fin de la parade.- “Empire State of Mind” -“Toute notre vie, nous garderons en mémoire ce sentiment: celui d’une ville unie, d’une ville en effervescence, d’une ville transportée par le bonheur”, a lancé le jeune élu démocrate à la foule.”D’une façon ou d’une autre, j’avais la certitude que nous allions réussir”, a lâché pour sa part le meneur new-yorkais Jalen Brunson, fidèle à l’image de sang-froid qui le caractérise. La cérémonie s’est achevée avec Alicia Keys chantant “Empire State of Mind”, un tube devenu un hymne de la ville – sans le rappeur Jay Z, qui l’avait, à l’origine, composé et interprété avec elle.
Certains supporteurs ont raconté avoir payé plusieurs centaines de dollars à des personnes chargées de faire la queue pour eux pendant la nuit, afin de leur réserver un emplacement pour assister au défilé. Aux abords de l’hôtel de ville, un couple en habits de mariage s’est frayé un chemin à travers la foule afin d’apercevoir la parade.- Déploiement policier -L’équipe a remporté samedi le troisième titre de son histoire dans le championnat nord-américain de basketball, face aux San Antonio Spurs du Français Victor Wembanyama.
Un succès célébré le soir même dans les rues de la mégapole par des dizaines de milliers de personnes. La police avait annoncé le déploiement de 10.000 agents, dont certains avec des armes lourdes, pour encadrer cet hommage, soit “le plus grand nombre jamais assigné à un événement organisé”. Plusieurs rues ont été fermées à la circulation, dans une ville grouillant par ailleurs de supporters venus pour la Coupe du monde de football.
Les cinq matches de la finale NBA ont été émaillés de dizaines d’interpellations pour des motifs multiples: agressions de policiers, possession illégale d’armes, dégradations, troubles à l’ordre public…New York compte de nombreuses franchises sportives au palmarès parfois plus prestigieux, comme les Yankees en baseball, les Giants en football américain ou les Rangers en hockey sur glace.
Mais aucune n’a le pouvoir fédérateur des Knicks.”Les Knicks unissent la ville comme aucune autre équipe. (…) Cela faisait tellement longtemps qu’on attendait ça”, dit Anthony Martorelli, 29 ans, qui travaille dans le commerce de détail. Le basket est le sport urbain par excellence. Mais, surtout, cette équipe résiliente a su “capturer l’imaginaire collectif d’une manière particulière”, selon l’universitaire Adam Criblez, auteur d’un livre sur le club.
Depuis leur succès du week-end, Jalen Brunson et ses coéquipiers multiplient les apparitions médiatiques. Ils ont été vus dans les tribunes du Mondial de foot ainsi qu’au célèbre “Late Night Show” du présentateur Jimmy Fallon.
Thu, 18 Jun 2026 18:15:35 GMT
