Le procès sur la mort de Diego Maradona est entré mardi dans sa dernière ligne droite, avec des plaidoiries d’acquittement pour le psychologue Carlos Diaz et la psychiatre Agustina Cosachov, décrits par leurs avocats comme étrangers au décès, ou impuissants, ou mal informés. L’expert en addictions Carlos Diaz est un cas à part au procès, depuis avril, de l’équipe de soignants pour potentielles négligences fatales au footballeur de légende, mort en novembre 2020 lors d’une hospitalisation à domicile pour récupérer d’une neurochirurgie bénigne.
M. Diaz, 34 ans, était intervenu au dernier mois de vie de Maradona pour l’accompagner vers un sevrage d’alcool et de psychotropes. Or, si l’accusation et les parties civiles ont demandé de la prison contre six des sept accusés, le cas de Diaz a divisé, trahissant un certain flou sur les réelles responsabilités autour de Maradona, dans ses derniers jours. Ainsi, le ministère public a requis contre lui cinq ans de prison, comme deux autres parties, mais l’avocat d’un fils Maradona a réclamé 12 ans d’emprisonnement, et deux autres parties ont demandé sa relaxe pure et simple.
Ils “n’ont pas réussi à s’entendre sur l’accusation contre Carlos Diaz ni les raisons pour lesquelles il devrait répondre de la mort de Maradona. C’est un point névralgique de ce procès”, a déduit mardi son avocat, Luciano Zorrilla, en ouvrant les plaidoiries de la défense. Les parties “ont été contradictoires et mutuellement exclusives” sur son rôle, a-t-il insisté: “S’il n’y a pas de certitude, il y a doute, et s’il y a doute, il y a acquittement”.”Diaz n’est pas médecin ni infirmier ni radiologue : il est psychologue.
Il a été engagé pour que Maradona ne boive pas d’alcool et ne se drogue pas, et Maradona est mort sans alcool ni drogue dans le sang”, a asséné son autre avocat, Diego Olmedo, citant des examens toxicologiques post-mortem. La mort a été “le résultat de questions médicales qui dépassent Carlos Diaz. Il est psy-cho-logue”, a-t-il martelé. “Et il n’a eu, en raison de sa spécialité et de son rôle, aucune possibilité d’empêcher d’une quelconque manière” le décès.- Prestataire privé mis en cause -Maradona, retrouvé mort sur son lit d’une résidence de Tigre (nord de Buenos Aires) louée pour sa convalescence, est décédé à 60 ans d’une crise cardio-respiratoire couplée à un œdème pulmonaire.
Plaidant pour la psychiatre Cosachov, 41 ans, contre laquelle le ministère public avait requis huit ans de prison, l’avocat Vadim Mischanchuk a lui aussi invoqué la spécialité de sa cliente, qui “depuis le début a été claire, disant +j’étais la psychiatre de Maradona+”, avec la médication correspondante. Il a par contre renvoyé durement les responsabilités vers le prestataire privé Swiss Medical, dont la représentante Nancy Forlini, co-accusée, était alors coordinatrice médicale de la convalescence.
L’accusation avait requis 10 ans contre elle.”En aucun cas la Dr Cosachov n’a improvisé : si on lit le dossier médical, (elle) a été au contraire obsessionnelle” sur le soin de Maradona, mais n’a pas été ou bien mal informée, même tenue à l’écart de groupes de messagerie entre le prestataire et les infirmiers, a-t-il affirmé.”Personne ne l’a informée de la tachycardie, de l’hypertension, personne ne lui disait rien.
Elle recueillait les informations qu’elle pouvait et on lui disait ce qu’on voulait”, a-t-il insisté.”Au fur et à mesure qu’elle apprenait les mauvaises nouvelles, elle faisait quelque chose pour y remédier”, a-t-il insisté, chargeant au contraire Swiss Medical qui “faisait ce qu’il voulait”. L’information médicale provenant du lieu de convalescence de Maradona “était comme dans un triangle des Bermudes”, a-t-il accusé.
Après les plaidoiries de la défense jusqu’à jeudi, le verdict devrait être mis en délibéré à une date ultérieure.
Wed, 21 Oct 2026 01:36:33 GMT
