Route du Rhum: Le Cléac’h secouru après son chavirage, Laperche en tête

Armel Le Cléac’h a été secouru mercredi, quelques heures après le chavirage de son maxi-trimaran Banque Populaire, nouveau rebondissement dans la 13e édition de la Route du Rhum où Tom Laperche (SVR Lazartigue) menait la flotte des Ultim. Vainqueur du Vendée Globe 2016/2017 et favori au départ de la transatlantique, le navigateur breton a été secouru par un cargo et est “en bonne santé”, a indiqué l’organisation de course.”Plusieurs bateaux avaient été déroutés pour porter assistance.

C’est un cargo panaméen qui est arrivé sur zone le premier en milieu d’après-midi et a réalisé la manoeuvre de sauvetage”, a-t-elle expliqué.”On est resté en contact avec lui toute la journée”, a précisé à l’AFP Sébastien Josse, membre de la cellule de routage de Le Cléac’h. “On a eu quelques messages qui nous ont rassurés sur sa santé.

Maintenant, Armel va arriver aux Etats-Unis et on va s’organiser pour aller l’accueillir et on a hâte de le retrouver”, a-t-il ajouté. Après Francis Joyon (Océans), vainqueur en 2018 et qui a chaviré lundi, puis le tenant du titre Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) qui a dû renoncer mardi du fait d’une grave avarie de foil, “Le Chacal” a été contraint à l’abandon vers 05h30 mercredi.

Il occupait la deuxième place et naviguait à 550 milles nautiques (environ 1.000 km) dans le nord-ouest des Açores, selon l’organisation. Il n’a pas été blessé lors du chavirage et avait pu déclencher la balise de détresse pour attendre l’arrivée des secours, déjà sollicités en début de nuit à la suite d’un autre chavirage, celui de Matthieu Perraut (Elvest), en catégorie Ocean Fifty.”J’ai eu du mal à repartir, (…) j’espère qu’ils se rétabliront et qu’ils vont tout récupérer le plus vite possible”, a réagi plein d’émotions Laperche, leader de la course des maxi-trimarans, à propos de l’abandon de son poursuivant.

Trois jours à peine après le départ des 115 marins de Saint-Malo, la liste des abandons s’est allongée avec Jérémie Beyou (Charal), l’un des favoris dans la catégorie Imoca, pour “raisons médicales”, Armel Tripon (problème de safran), Fabien Delahaye (blessure) et Anthony Marchand. – “Machine incontrôlable” –  Bien parti avec son Ultim, ce dernier a failli chavirer à cause de l’accrochage de son safran avec un “objet non identifié”, a expliqué son équipe Actual mercredi.

Si Marchand a finalement réussi à maîtriser une “machine devenue incontrôlable” pour rallier le port de Galway (Irlande) mardi, il a dû renoncer à poursuivre l’aventure, en soulignant avoir “sauvé le bateau”, une “vraie réussite” dans ces conditions. “Cela reste un sport mécanique dans toute sa splendeur, il y a de la casse, des imprévus”, a commenté auprès de l’AFP Michel Desjoyeaux, vainqueur de l’épreuve en 2002.

Cette année-là, la flotte avait été décimée par une tempête, ce qui n’est pas le cas cette fois. “Les bateaux ont pu commencer à fond, dans un moment assez complexe stratégiquement, pour s’extraire et tirer leur épingle du jeu. Le niveau a augmenté partout dans la flotte (…) et cette pression-là n’est pas facile à mesurer mais s’applique aussi aux plus expérimentés”, a-t-il ajouté.

Cette succession de rebondissements a pu éclipser temporairement la lutte en tête, qui fait pourtant rage dans la catégorie reine Ultim. Laperche, qui occupait la première place depuis le départ de Saint-Malo, l’a temporairement perdu mercredi matin pour un petit mille au profit de Coville, avant de reprendre près de 200 milles d’avance au pointage de 18h00 grâce à une trajectoire plus au nord que son poursuivant, resté proche de la ligne directe vers Pointe-à-Pitre. 

Wed, 04 Nov 2026 19:00:48 GMT