Secoué par Trump, Zelensky cherche le soutien renforcé des Européens à Bruxelles
Sérieusement secoué par les nouveaux coups de boutoir du président américain, Donald Trump, Volodymyr Zelensky va plaider vendredi à Bruxelles pour un soutien réaffirmé de ses alliés européens, réunis en sommet. Arrivé jeudi dans la capitale belge, le dirigeant ukrainien y a rencontré le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, pour souligner l’urgence de réapprovisionner l’Ukraine en missiles intercepteurs et en munitions, face à la recrudescence des frappes russes.
Le patron de l’Otan a plaidé pour la mise en oeuvre de la trêve énergétique évoquée dimanche par Donald Trump, à laquelle l’Ukraine est favorable mais qui n’a jamais été confirmée par le Kremlin. Durement frappée par la Russie, qui a encore détruit mercredi des installations énergétiques à Kiev, l’Ukraine a dans ce contexte annoncé jeudi une reprise de ses frappes contre les raffineries russes.
Moscou a fait état d’une raffinerie en feu après une “attaque massive” de drones et de missiles ukrainiens. Dans la soirée, Donald Trump, qui impute à l’Ukraine la responsabilité de la flambée des prix des carburants provoquée par la guerre contre l’Iran – qui pèse sur les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre -, a vivement critiqué les frappes ukrainiennes sur des raffineries.”Je pense que c’est une honte”, a déclaré le président américain à la chaîne Newsmax, estimant qu'”il y a(vait) beaucoup d’autres cibles” possibles.”Il est plus difficile de travailler avec Zelensky qu’avec Poutine”, a encore lancé le dirigeant, qui a à plusieurs reprises demandé le départ de M.
Zelensky et ne cache pas son administration pour le président russe. En frappant les infrastructures pétrolières russes, Kiev cherche à couper la manne des hydrocarbures qui finance l’invasion de l’Ukraine depuis février 2022, et aussi à dresser la population russe contre le Kremlin. De nombreuses raffineries et divers dépôts ont été visés ces derniers mois, provoquant des pénuries de carburant en Russie. – “Vous n’êtes pas seuls” – Auprès des Européens, qu’il a commencé à rencontrer dès jeudi après-midi, M.
Zelensky a rappelé la nécessité de maintenir la pression sur Moscou.”Nous voulons tous en Europe que cette guerre prenne fin. Et pour que cela arrive, il faut des signaux forts : plus de pression réelle sur la Russie et davantage de soutien en matière de défense pour l’Ukraine”, a-t-il martelé, à la veille d’une session de travail avec les dirigeants des Vingt-Sept vendredi.
Il est “capital” de donner les moyens à l’Ukraine de se défendre, a assuré le président français, Emmanuel Macron, après sa rencontre avec son homologue ukrainien.”Je peux vous rassurer, chers amis ukrainiens et M. le Président Zelensky : VOUS N’ÊTES PAS SEULS”, a affirmé de son côté sur X le Premier ministre polonais, Donald Tusk. – Starlink restreint – Ces derniers jours, Kiev a déploré ne pas avoir été averti par ses alliés d’attaques russes imminentes, faisant notamment part de restrictions dans l’utilisation des services satellitaires de l’entreprise d’Elon Musk, SpaceX, crucial pour son armée.
Elon Musk, qui réclame comme Donald Trump que Volodymyr Zelensky quitte le pouvoir, a déclaré mercredi que tout ralentissement du réseau militaire Starshield en Ukraine était dû au gouvernement américain, et non à SpaceX. Une source au sein du ministère ukrainien de la Défense a assuré jeudi que “les opérations de Starshield en cours (avaient) été rétablies et se poursuiv(ai)ent”, et que Kiev s’efforçait de “clarifier” les raisons “des restrictions d’hier”.
M. Zelensky a accusé dans un entretien au Financial Times ces restrictions d’avoir été mises en place de façon “volontaire”, écartant tout éventuel aléa technique. “Je pense que l’alliance occidentale est aujourd’hui dans une position plus faible qu’elle ne l’était il y a quelques jours”, a déploré jeudi la Première ministre danoise, Mette Frederiksen.
Les Vingt-Sept soulignent que la relation transatlantique reste indispensable au combat des Ukrainiens.”Bien sûr que nous comptons sur eux”, a ainsi déclaré le Premier ministre estonien, Kristen Michal, à propos des États-Unis.bur/ob/ybl/phs/bfi
Fri, 16 Oct 2026 02:13:29 GMT
