Top 14: sur un nuage et encore en finale, Toulouse écrase le Racing

En démonstration, le Stade toulousain a éparpillé le Racing 92 (71-17) vendredi avec un Dupont majestueux et sera une fois de plus au rendez-vous de la finale du Top 14 la semaine prochaine pour décrocher un quatrième Bouclier de Brennus d’affilée. Les Rouge et Noir, qui ont remporté les huit dernières finales de championnat auxquelles ils ont pris part, ont enfilé le costume de gala pour marquer les esprits et ont donné rendez-vous au vainqueur de l’autre demie qui opposera Montpellier et le Stade français samedi (21h05), toujours à Marseille.

Avec 10 essais marqués, le rouleau-compresseur toulousain avait mis de l’huile dans les rouages et semble lancé à toute vitesse dans sa quête d’un 25e Brennus, le sixième pour la génération de Dupont, Ntamack et Thomas Ramos. Ce dernier, buteur attitré et taulier du groupe, manquait à l’appel, forfait. Pas inquiets malgré les doutes qui ont pu naître au gré de performances en dents de scie depuis le traumatisme de l’élimination subi à Bordeaux en Champions Cup en avril, ses coéquipiers se sont chargés de faire oublier son absence.- Le spectre du 59-3 -Ils ont remporté la victoire la plus large de l’histoire des demi-finales depuis que le Top 14 existe, ne laissant aucune chance à leur adversaire.

Le Racing 92 restait pourtant sur six victoires lors des sept derniers matches, dont un succès probant à Pau en barrage (33-31). Mais dans un stade Vélodrome quasi entièrement paré de rouge et noir et alors que le Vieux Port avait pris des faux airs de Capitole toute la journée, les Toulousains se sont vite sentis comme chez eux. Les Ciel et Blanc en ont payé le prix fort dans l’antre des joueurs de l’OM, faisant les frais du savoir-faire haut-garonnais en demi-finale, la 16e pour eux depuis le passage au Top 14 en 2005-2006.

Toulouse a fait exploser le Racing dans des proportions jamais aperçues à ce stade de la saison, même si le spectre de la raclée mémorable infligée en 2024, dans ce même stade et par ces mêmes Toulousains à Bordeaux-Bègles en finale (59-3) a très vite plané au-dessus de l’arène marseillaise transformée en étuve. Un score atteint à la… 54e. En bon maître de cérémonie, Antoine Dupont a très vite donné le tempo, alors que sa dernière apparition remontait au 9 mai, sur la même pelouse, contre Toulon.- Festival -Remis d’une gêne aux adducteurs pour le sprint final, il a tenu à rassurer son monde après cinq petites minutes, à l’origine d’un lancement de jeu parfaitement ajusté, puis à la conclusion d’un coup de pied au millimètre pour Teddy Thomas (7-3, 6e).

Le festival pouvait commencer. Après un premier essai enlevé, le travailleur de l’ombre François Cros s’est faufilé pour aplatir et bonifier un gros travail de Santiago Chocobares (14-3, 12e). Le surpuissant Meafou y est allé de sa charge dévastatrice (21-3, 19e) et la soirée a viré au cauchemar pour des Racingmen apathiques, privés du troisième ligne Manyarara, sorti blessé, puis réduits à 13 après des cartons jaunes reçus par Maxime Baudonne et Josua Tuisova.

Le capitaine Jack Willis, entre deux chevauchées rageuses, a trouvé le temps d’alourdir la note (31-3, 29e) avant un bijou signé Dupont parti d’une chistera du N.9 et conclu 30m plus loin, entre les poteaux (38-3, 36e). Mola a alors pu gérer ses hommes en vue de la finale, sans que la cadence ne baisse vraiment. Traversant les plaquages des Racingmen, Kalvin Gourgues (42e), Matthis Lebel (45e) puis Julien Marchand (54e) ont porté le score à 59-3.

Aussi précis que régulier, Romain Ntamack s’est chargé de transformer la pelletée d’essais inscrits par ses coéquipiers, à 100% au pied. Dans une fin de partie plus relâchée, Jordan Joseph (70e) et Max Spring (77e) ont sauvé l’honneur des leurs en répondant aux essais de Peato Mauvaka (68e) et d’Ange Capuozzo (74e).

Fri, 19 Jun 2026 21:36:30 GMT